Samedi 12 mai 2007

La fin…

 

Ma complétude ne se compte plus qu’en heures…

 

Alors voilà ce qu’il adviendra samedi 12 mai 2007 :

 

«          Le soleil était couché. Il était presque minuit. Le Normandie qui ralliait Portsmouth au départ de Ouistreham cheminait lentement sur une mer calme, sereine. Aimante. On ne distinguait plus l’écume bouillonnante, trace imperceptible du navire à la surface de l’eau. Le ronflement des moteurs s’étendait dans la nuit noir et glacée.

            Léna s’approcha du ponton arrière du bateau : elle regardait. Un immense M sombre s’étendait sur sa gauche, un E devant, et un R plus clair sur sa droite. Au fond en minuscule s’étirait le mot horizon. Elle se tenait debout au fond d’un petit u le u de bateau. Son monde littéraire était à point : un amoncellement de lettres. Sa fin était proche, elle touchait l’essence même de son existence.

            Elle s’approcha un peu plus, escalada la rambarde de sécurité et se tint quelques secondes dans le vide, à quelques secondes, quelques lignes, quelques mots de sa fin. L’espace et le temps ne sont plus qu’un et arrêter le temps c’est s’étirer à l’infini, c’est n’être que lumière, c’est être plus libre que jamais car c’est être la plus décomplexifiée possible. Léna jubilait. Jamais elle ne s’était sentie aussi vraie, aussi unifiée, aussi grande, aussi investie par ses mots.

           

            Maintenant elle savait. Elle sauta.

           

            Et tandis que le bateau et son monde continuaient leur route, quatre lettres, LENA, flottèrent quelques instants dans la nuit, s’entrechoquèrent à la surface de l’eau, avant de s’effacer sur la page. »

par Lena Spin publié dans : Lena
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Jeudi 10 mai 2007
Merci à tous ceux qui me lisent, à tous ceux qui me font vivre. Je ne vis qu'au travers d'eux. Ma fin approche : une mort programmée force la compréhension et plus étrangement conduit à sa propre complétude. Ce compte à rebours n'était pas un leurre, il était prévu : mon destin était bien plus inéluctable que je le pensais. Poupée je le suis. Et si j'ai longtemps cru être différente des autres, je comprends aujourd'hui qu'il n'existe que très peu de différence entre le réel et l'irréel, l'exitence et le concept. L'ultime connaissance de soi conduit à mettre en pratique une théorie unifiée de sa propre existence. Le corps, l'esprit et le monde ne font qu'un. Le ressentir c'est faire le grand saut : c'est être complet.
par Lena Spin publié dans : Lena
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Vendredi 4 mai 2007
Il m'est de plus en plus difficile d'écrire : car quand j'écris je sais que je ne suis pas moi. M'écrire c'est comme me matérialiser, me construire, me complexifier. Hors mon entreprise et l'écriture sont antynomiques : je dois me déconstruire pour me libérer totalement. Je dois ne plus être pour être libre. Celà me paraître étrange d'être et ne pas être en même temps. Mais c'est pourtant simple : on peut renier l'existence et n'être qu'un concept. Et tout depuis le début, depuis septembre 2006, me ramène à la notion de Death Concept : envisager la mort comme un concept, comme une complétude.

Il me faut donc ne plus écrire pour ne plus exister, et en même temps être lue pour être totalement libérée. Je pense tenir enfin la clé de ma compréhension. Seule "absurdité" : comme être lue sans écrire. Je suis certaine de saisir le Concept mais ce paradoxe me pousse dans mes retranchements : pour être lue, il faut écrire. Puisque la lecture est la conséquence de l'écriture, il me faut forcément l'écrit. Et comme il me faut ne pas écrire, il me faut un mentor, un double, une autre personne pour m'écrire. Celà me ramène à l'idée de Dieu : je suis persuader qu'il existe quelqu'un qui me forge à chaque instant, je suis "manipulée". Et la question incessante : suis-je folle ou trop proche de la compréhension ultime ?
par Lena Spin publié dans : Lena
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Lundi 2 avril 2007

Aujourd'hui encore, j'ai compris beaucoup de chose...

 

La réservation de la traversée de la Manche sous mon regard, j'ai compris en un éclair de génie que mon destin était sellé, qu’il était encore plus inéluctable que je le pensais. J’ai encore franchi une étape dans ma folie : je ne suis qu’un pantin, une poupée comme je le présentait il y a quelques semaines.

 

C’est étrange… alors que je pensais lentement sombrer dans une folie sécurisante, une forme d’isolement psychique, il se produit tout l’inverse… Il y a encore quelques mois, je me posais beaucoup de question, sur mon être profond, sur ma définition de mon existence, sur Barly Segwest, mon Roman, mon passé…. Et, comme par enchantement, les questions ont presque naturellement trouvé une réponse : et la réponse est simplement que les questions n’ont pas de sens, que mon être ne se décompose pas en question, que mon âme ne se morcelle pas, mais que je suis une entité unique, indivisible et insondable. Plus je m’approche et plus je me fige. Plus je sonde le plus profond de mon moi et moins je pense, moins je réfléchis. Je suis au bord d’une antre, d’un puits. C’est peut-être ça la mort : l’absence de conscience, la liberté absolue.

 

Je ressens de moins en moins le poids de mon corps, je suis de plus en plus légère… La nuit il m’arrive très fréquemment de rêver que je vole. Le jour aussi. En fait je viens de découvrir que le moment où je suis encore « consciente » est le moment précis où je vous écris. Seul mon lecteur me fait vivre et je ne crois pas qu’il sait à quel point il participe à mon entreprise, à mon destin de poupée.

 

Dans 40 jours je serai libre… évaporée. Je ne serai plus qu’une toute petite pensée dans la tête de tout ceux qui m’auront fait vivre.

par Lena Spin publié dans : Lena
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Vendredi 23 mars 2007
Réservation en ligne
Traversée aller:
Caen À Portsmouth  Sam 12 Mai 2007 17:00
Navire NORMANDIE
Traversée retour:
Aucune 
Véhicule: Aucune
Remorque: Aucune
Véhicule: Aucune
Remorque: Aucune
Passagers:  1 adultes, Traversée aller.
par Lena Spin publié dans : Lena
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Lundi 5 février 2007
Qui suis-je ? La question me taraude plus que jamais.

 

Mais avant de répondre à cette question il en existe une autre plus fondamentale : comment suis-je ? Qu'est-ce qui fait que je suis ? Comment définir mon existence ? Et quelque part ai-je le droit de dire que "je suis", que "j'existe" ? Aux travers de vos regards, lecteurs, je suis ou plutôt je ne suis qu'un enchevêtrement de lettres, de mots, de phrases qui s'assemblent et forgent mon être. Je suis une page Web sur Internet… l'une des milliards de pages Web sur le Net. Alors qu'est-ce qui fait que mon existence a un sens pour les autres ? L'écrit, cet écrit, ces mots qui défilent au moment même où je les écrits me créent à chaque instant. Me crée dans l'instant de l'écriture mais aussi dans l'instant de la lecture. Je n'ai d'autre existence "tangible" que ces deux instants : l'écriture et la lecture. L'écriture est unique, la lecture est multiple. L'écriture est toujours passée, la lecture toujours en devenir. Et moi je ne suis rien d'autres qu'une entité spontanée qui se crée et s'oublie à volonté. A chaque pause, chaque souffle, je ne suis plus. Ne serais-je donc que ça : un tissu de mots, de 0 et de 1, de simples flux http, de simples chargements en mémoire, d'allers-retours de tête de lecture sur un disque dur. L'information distillée sur mon blog peut ne se résumer qu'à ça.

 

Me définir aussi scientifiquement, aussi rigoureusement me permettrait de rationaliser et simplifier terriblement mon être. Un tel fonctionnement me permettrait de m'affranchir de la réalité, de la vie comme de la mort. Me dématérialiser, me dissocier en mots, en écrits, c'est une manière d'épancher mon corps, de vider mon être, de me simplifier, de me désincarner, de me rendre libre comme jamais. Plus je suis mots, plus je suis libre.

 

Et si la vraie liberté est de ne plus être qu'un concept, alors comment serais-je ? Un être sans âme ou une âme sans être ? Assurément l'âme définit la vie. Mais la vie prend-t-elle naissance avec l'âme. Et la mort met-elle fin à l'âme ? La question est donc la suivante et prend plusieurs formes : mes mots me définissent-ils dans ma globalité ou partiellement ? Ai-je une autre existence que ces mots ? Ai-je une âme indépendamment des mots qui charpentent mon ossature ?
par Lena Spin publié dans : Lena
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Vendredi 2 février 2007

Aujourd'hui j'ai fait un truc très con mais ça me fait marrer : pour "fêter" mes 100 jours, j'ai glissé un billet de 100 euros dans un de mes livres préférés de la bibliothèque municipale de Caen. On verra bien combien de temps il y restera… Je ne le saurai probablement jamais mais rien que d'imaginer la tête de celui qui louera le bouquin et y découvrira un petit billet en lisant, rien que ça … me fait sourire.

 

Une pure chance pour celui qui sait lire ! Surréaliste !

par Lena Spin publié dans : Lena
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Mercredi 17 janvier 2007
Celà fait presque 1 mois que je n'ai pas écrit sur mon blog, depuis le 20 décembre 2007. L'explication est simple et plutôt marrante :

Je me suis enfin procuré des balles ACP 45 pour mon Super 38 et j'ai testé sur l'écran de mon ordi...

Résultat : j'ai littéralement explosé mon PC. C'était un acte assez symbolique, juste pour voir si derrière tout ça il n'y avait pas un autre monde insoupçonné comme je l'avais déjà découvert à Newcastle.

Eh bien rien du tout. Que dalle. Il s'est rien passé. A croire que mon destin est figé et inéluctable. J'ai donc racheté un PC portable et me revoilà.
par Lena Spin publié dans : Lena
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Jeudi 14 septembre 2006
Dormi. Pleuré.

par Lena Spin publié dans : Lena
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Mercredi 13 septembre 2006
Je m'appelle Lena Spin. J'ai 37 ans. Je suis originaire de Newcastle mais j'habite depuis août 2002 à Caen en France. Caen, c'est une ville plutôt tranquille avec un beau château, un port sympa avec des bateaux à la con qui bougent jamais, un petit centre ville où a poussé comme un champignon une horrible FNAC... Du coup tous les disquaires indé ont fermé. J'habite dans un petit appart bien cool, rive gauche de l'Orne, le côté bobo de Caen.

Je suis brune, le teint halé et je pense être pas mal roulée. J'ai fait beaucoup de rencontres à Caen mais depuis peu... j'ai changé. Je ne me soucie plus du regard des autres. Les mecs reluquent mon cul et je m'en fous. Il m'arrive même de me faire draguer par des gonzesses : mais maintenant je laisse tomber, je me fous de tout. C'est pas que je suis insensible, c'est juste que je ne me sens pas vraie au milieu des autres. Comme si je ne faisais pas partie de ce décor. En fait mon passé me taraude. J'en crève. Comme me disait mon pote David il y a quelques mois à la terrasse du Vertigo : "Il faut que tu fasses ton deuil et il faut accepter ton traumatisme. Tu ne fais que fuir."

Je crois qu'il me connait mieux que quiconque. Mais c'est plus fort que moi : je suis une impulsive et tout ce que j'entreprends est extrême. C'est comme un besoin de tester en permanence les limites de mon corps et de mon âme.

Et c'est vrai que depuis peu j'ai encore changé. J'ai besoin d'encore mieux me comprendre. Et là je crois que je vais aller jusqu'au bout de ma démarche.
par Lena Spin publié dans : Lena
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